Buried, le huis-clos ultra claustro

Publié le par raoulcinephile

Faire un film en huis-clos, on connait. Douze hommes en colère de Sidney Lumet, avec l’excellent Henry Fonda, demeure un bel exemple d’un tel exercice, malgré un message politiquement très correct et un déroulement très hollywoodien du débat. Buried, de Rodrigo Cortès, c’est un peu la même chose mais en pire. Un huis-clos ultra claustro dans lequel on ne retrouve qu’un personnage à l’écran et un périmètre d’action résumé à l’espace d’une tombe.

 

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Dans le film, on ne verra pas grand-chose de plus

  

Des incohérences

 

Le problème d’un tel film, jouant sur l’exercice de style forcément, c’est d’une part de maintenir une certaine tension de A à Z. Pas simple de proposer une narration prenante et rythmée quand les péripéties doivent nécessairement éclore dans un espace clos. D’autre part, il s’agit d’éviter les incohérences puisqu’un film en huis-clos propose bien souvent une temporalité en prise directe. En bref, le temps à l’écran se veut le plus réel possible. Pas d’ellipses, ou le moins possibles, rien que du direct en somme.

 

Si Buried réussit plutôt bien à maintenir le spectateur en haleine, une prouesse, on ne peut pas en dire autant du volet « incohérences ». Rodrigo Cortès oublie à plusieurs reprises de pratiquer quelques relectures salutaires. Exemples.

Notre camionneur, Paul Steven Conroy, se retrouve donc, dès le début du film, enterré vivant dans un cercueil. Un portable à disposition, un briquet également, notre homme esseulé va se battre pendant une heure et demie pour sortir de là. Problème, quasiment pendant la moitié du temps notre brave américain s’éclaire au zippo. Plus tard, il trouvera une lampe torche voire une lampe à fluide. Pourtant, à aucun moment notre homme ne souffre de la raréfaction de l’air. Pas très crédible tout ça, vu l’espace et le dioxyde de carbone cramé par le super briquet.

 

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La suite, version bouledogue

 

Passons sur cette pourtant grosse incohérence, il faut dire qu’avec un traitement réaliste le long métrage devient un vulgaire court, attardons-nous sur d’autres petites incohérences. A un moment donné, notre camionneur découvre qu’un serpent s’est infiltré dans son cercueil. Horreur. Quelle réaction avoir lorsqu’un reptile se ballade à vos pieds alors que vous n’avez même pas d’espace pour vous retourner complètement ? On pourrait se dire qu’un bon coup de pied, un piétinement agressif, viendra rompre le crâne de la sale bête. Paul Steven Conroy lui il brûle un peu d’alcool, j’oubliais mais il a également dans sa pioche une fiole de whisky. Ce qui a la fâcheuse conséquence de foutre le feu dans un espace ultra réduit (ultra claustro quoi). Pourquoi Paul ? Pourquoi ?

 

J’allais me lancer dans la dernière incohérence frappante du film mais cela m’obligerait à vous gâcher la fin. Je m’abstiens donc.

 

Conclusion Ouaf

 

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Film sympa selon l'avis de mon pote basque

 

Alors ce film, il est bon ? J’ai vu de plutôt bonnes critiques, acteur habité, tout ça. Honnêtement, Buried est un sympathique thriller sous-terrain, ultra claustro rappelez-vous. Le problème, ce sont ces quelques incohérences qui ruinent les bonnes choses que met en place le film. Reste alors une narration fluide et sans vrai temps mort, un jeu sur les lumières intelligent (et pas évident vu la superficie de l’action), un acteur globalement crédible, mais quelques coups de théâtre parfois discutables et une émotion pas forcément au rendez-vous malgré une volonté du réalisateur de créer de l’empathie pour notre camionneur.

 

 

Publié dans Critiques

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